Et si on parlait de l’économie d’attention ?
Dans quelles mesures l’absence de friction au sein de notre navigation numérique, permet-elle au de détenteur de l’économie d’attention de capitaliser et d’exploiter nos données personnelles ?
Cet article explique que notre attention est devenue une ressource centrale dans l’économie numérique. Les plateformes réduisent la friction pour rendre la navigation plus fluide, ce qui nous pousse à passer plus de temps en ligne et à produire des données. Ces données sont ensuite exploitées pour générer du profit.
L’IA a été utilisée à des fins de recherche d’informations, notamment pour identifier certaines sources, qui ont ensuite été vérifiées dans un second temps, ainsi que pour retrouver des citations d’auteurs et d’autrices. Elle a également permis de définir les termes clés de notre problématique et, enfin, de corriger les fautes d'orthographe de notre article, afin d’harmoniser les paragraphes et d’en améliorer la fluidité et la compréhension.
Et si on parlait de l'économie d'attention ?
Aujourd’hui, nous sommes constamment sollicités par les contenus numériques. Scroll, clic, vidéo… combien de temps y passons-nous réellement chaque jour ?
Économie de l’attention, friction, capitalisation, exploitation des données personnelles… Ces mots peuvent paraître complexes, voire trop techniques. Mais attendez, laissez-nous vous expliquer.
Dans ce contexte, nous constatons que notre attention est devenue la clé de notre navigation numérique, mais surtout une ressource précieuse, à la fois pour les plateformes… et pour nous-mêmes. Bienvenue dans l’économie de l’attention.
« La valeur la plus rare est l'attention » Bernard Stiegler
Notre attention est devenue une ressource inestimable… que nous avons parfois perdue sans même nous en rendre compte. Clic, scroll, passer plusieurs heures sur TikTok… Ces actions sont devenues des habitudes banales. Mais, sans même y penser, nous avons déjà cédé une grande partie de notre attention.
Nous évitons naturellement les sites trop complexes, avec trop d’étapes avant d’accéder à ce que nous voulons. Qui n’a jamais cédé à l’option « Se connecter avec Google » pour aller plus vite ? Ces petits obstacles peuvent ralentir notre parcours. Par exemple, naviguer sur un site comme Amazon nécessite souvent de créer un compte, de renseigner des informations personnelles et de valider son identité. Toutes ces étapes peuvent compliquer l’expérience utilisateur. Bienvenue dans la friction.
Dans quelle mesure l'absence de friction au sein de notre navigation numérique permet-elle aux acteurs de l’économie de l’attention de capitaliser et d’exploiter nos données personnelles ?
Dans cet univers numérique, l’UX design est devenu un pilier central. Son objectif est simple : concevoir un parcours fluide, rapide et agréable afin d’offrir la meilleure expérience possible… et surtout inciter l’utilisateur à revenir. Google a montré la voie en rendant la navigation toujours plus fluide : scroll infini, vidéos automatiques, contenus personnalisés… Tout est pensé pour augmenter le temps passé à l’écran. Mais à quel prix ?
Les utilisateurs recherchent aujourd’hui un accès immédiat à l’information. Cela semble indispensable… mais l’est-ce vraiment ? Entre nous, lorsque vous voulez vraiment quelque chose, n’êtes-vous pas prêt à faire quelques efforts pour l’obtenir ? Comme on le dit souvent : quand on veut, on peut. Alors, la friction n’a-t-elle pas aussi un rôle positif ? Ne nous pousse-t-elle pas à réfléchir avant d’agir ? Finalement, ces “obstacles” ne sont peut-être pas si négatifs.
Selon Bernard Stiegler, le numérique agit comme un "pharmakon” : c'est-à-dire qu'il est à la fois bénéfique et nocif. En réduisant la friction, les plateformes facilitent la captation de notre attention, qui devient alors une ressource exploitée pour générer de la valeur.
Pour l’autrice Shoshana Zuboff, les plateformes numériques vont encore plus loin : elles transforment l’expérience humaine en une matière première gratuite, exploitée pour prédire nos comportements.
« Nous ne sommes pas les clients… nous sommes les sources de matière première. » Shoshana Zuboff
L’absence de friction intensifie ce phénomène en favorisant une production continue de données, facilement exploitables. Dans un environnement numérique sans friction, notre attention est d’autant plus facilement captée. Les plateformes peuvent ainsi maximiser notre temps d’exposition et exploiter nos comportements. Mais concrètement, que collectent-elles ? À travers nos clics, nos likes, nos partages et le temps passé en ligne, nous laissons des traces. Ces données sont ensuite analysées, exploitées… et valorisées par les entreprises. Bienvenue dans l’exploitation de nos données personnelles.
Dans «Le Capital», Karl Marx explique que le profit repose sur la plus-value, c’est-à-dire une richesse produite mais non rémunérée. Aujourd’hui, cette logique s’étend au numérique : en cliquant, en scrollant ou en interagissant, nous produisons des données qui génèrent de la valeur pour les plateformes… sans en tirer de bénéfice. Et plus la navigation est fluide, plus cette production devient intensive et invisible. Finalement, qui est le produit ?
Nous.
Nous offrons notre attention et nos données gratuitement, pendant que les plateformes en tirent profit.
Demain, lorsque tout sera parfaitement fluide, serons-nous encore maîtres de nos usages… ou au cœur d’un système qui les exploite ?